Chronologie

Corbières

J’ai quinze et ce sont les vacances de Pâques. Je pars dans les Corbière, avec mon chien « Vostok » à cette époque je suis plutôt fan des Russes, je suis allé à l’ambassade il m’ont donné des photos de la terre. Impossible de me rappeler comment cette destination est arrivée dans la réalité. Aujourd’hui je me serais plutôt interroger sur une possible vie antérieure chez les Cathares. En pratique c’est mon amie qui descend avec ses parents qui m’a proposé de faire le voyage avec eux.
J’imagine que c’est une de mes spécificités, décider quelque chose comme cela et de le faire juste parce que c’est dans mon imaginaire. Et comme à chaque fois lorsque je me retrouverai au pied du mur je me dirais « mais qu’est ce que je me suis encore inventé ». En l’occurrence lorsque la voiture ma déposé et qu’elle s’en va je me retrouve seul sur le bord de la route, et le paysage à ce moment n’est pas encore très joli. On est en fin de journée et je réalise que je vais devoir dormir sous la tente, au lieu d’une bon lit bien chaud. Je suis taré.
Comment mes parents m’ont laissé faire ? Je me dis que c’est peut-être une spécialité dans les divorce, tu demandes à l’un qui te dit demande à l’autre, il a dit oui etc… De toutes les manière c’était une autre époque. Mon père lui aussi j’apprendrais plus tard avait beaucoup crapahuté ado, toutes les alpes de haut en bas donc rien d’extraordinaire.
Mais en fait ce sera sympa, j’aime la solitude, la nature, marcher à pied. Avec Vostok le fait d’être tous les deux ensemble tous le temps crée une relation très forte, on ne communique pas par les mots ou quoique ce soit, juste par le regard. Je fais des ravitaillement au mieux tous les trois jours, le reste je vais dans des endroits éloignés de toute vie, en altitude pour être tranquille. J’ai amené trop de chose avec moi, la tente de mon père type oldschool, casseroles, gaz, plus sac de couchage, sans compter un lecteur de cassette, pas comme maintenant, au moins vingt cinq centimètres ou plus de longueur, bonjour le poids et une quinzaine de cassettes, plus la nourriture, la boisson. Du grand délire.
Le rite de la fin de journée, au couché du soleil, un pétard en écoutant King Crimson, c’est l’époque. Vostok en a marre il va dans la tente, genre c’est l’heure !
J’apprends en passant un coup de fil à la maison que mon cousin Hugues est décédé. Avec toutes ces journées à marcher seul au milieu de ces petites montagnes j’ai le temps de réfléchir. Je remarque que je n’arrive pas du tout à me rendre compte de ce que cela signifie, mort ne veut rien dire. Je fais des efforts pour me dire que c’est important et que je dois sentir quelque chose, mais rien ne vient.